YAIR YONA

Posté le sept 21, 2015 dans Non classé | 0 commentaires

Rencontre avec Yair Yona

September 16, 2015

 

 

Si on appliquait l’expression « L’habit ne fait pas le moine » à des murs, elle irait bien ce préfabriqué posé au milieu des herbes folles en retrait de la rue Lassansaa à Billère. Ces murs légers sont ceux du Café Suspendu, lieu associatif aux activités multiples. Le 10 septembre était une belle journée, et à ce moment où le soleil se cache derrière les arbres et les HLM, une petite assemblée est réunie en terrasse. Ils sont venus écouter Yair Yona, guitariste folk de Tel-Aviv, pour sa première série de concerts en France. Lui, sa 12 cordes et nuls autres artifices. L’ampleur et l’intensité de la musique qu’il va offrir sont fascinantes, bien plus puissante que certains groupes à autant d’instruments qu’ils veulent. Il est dos à un mur de galets du Gave, il nous rappelle qu’ici, avant les agences bancaires et les arrêts de bus, il y avait des fermes et des champs, il n’y a pas si longtemps que ça.

 

Alors Yair Yona, peux tu nous parler des racines de ta musique ? Elles ont l’air si profondes …

« En vivant en Israël, qui est un jeune pays d’immigrants, vous êtes exposés à beaucoup de musiques différentes, tant de l’Europe (autant de l’ouest que de l’est), de l’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient. Elles ont toutes laissés leur empreinte sur moi. Quand j’ai commencé à jouer la guitare acoustique en fingerpicking, j’étais à fond dans la musique de Bert Jansch et le style populaire britannique et ensuite j’ai passé quelques années dans l’école du Takoma Records (label de John Fahey). Je suis aussi profondément inspiré par des bandes originales de films et la musique expérimentale conçue pour poser une ambiance, une atmosphère particulière. Donc c’est un mélange de beaucoup d’éléments. »

 

Entre les morceaux, Yair Yona présente le suivant avec un certain humour, les conditions de son écriture, son inspiration, un programme TV, une manifestation, une rupture amoureuse. Si des couples se font et se défont tous les jours, ça reste un événement marquant pour ceux qui le vive. Alors, comment de simples notes de musique, sans parole posée dessus, peuvent raconter une histoire ?

« Je ne peux pas dire. C’est l’homme qui vie ses propres émotions en écoutant. Mais, voici une chose à réfléchir, John Williams, le célèbre compositeur, a seulement utilisé deux notes pour faire passer un sentiment de terreur dans des Dents de la Mer. Vous l’obtenez en jouant seulement deux notes de violoncelle TA-DA ! et vous savez que le requin arrive et un sale moment avec, vous voyez ? Ou pensez à Bernard Herman dans Psychose. Son orchestre a su imiter une agression à coups de couteau. Maintenant, quand vous entendez une note répétée comme ça, vous penserez à une femme dans une douche, avec la crainte d’être poignardés. Donc je suppose que c’est une question de contexte ou l’histoire qui l’entoure qui donne un sens à la musique. »

 

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